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Tinos une île à découvrir

Quand nous évoquons les îles grecques, des noms comme Mykonos, Santorin, Hydra ou Rhodes émergent. Pas Tinos, l’île-trésor à l’opposé de Mykonos la cosmopolite. La nature, la population et la religion sont les caractéristiques de Tinos. Des plages désertes, parfois uniquement accessibles par bateau, contrastent avec le paysage montagneux au cœur de l’île. En voiture, à vélo cross, ou à pied, les visiteurs explorent les petits villages pittoresques, aux très beaux pigeonniers décorés qui évoquent la réputation de la Grèce hospitalière. Des places de pierres géantes, comme si elles avaient été placées par les Dieux, des kilomètres de murs de pierres sans fin et des formations bizarres de roches, sont la surprise de cette île unique, tandis que ses mystérieuses grottes créées par l’eau dévoilent une touche magique. Le caractère de Tinos reflète le caractère de ses habitants. Ce délicieux accueil avec le cœur ouvert fait que le visiteur se sent chez soi. Leur engagement vers le passé, le présent et l’avenir est notable à chaque rencontre. Leur amour pour les spécialités uniques n’est pas une surprise, tels que les pâtisseries, le miel, les frites, la loukaniko (saucisse) ou le raki. Les Tiniotes sont tournés vers l’agriculture (artichauts) ainsi que le travail en relation avec la Mer Egée et l’exploitation du marbre depuis des temps anciens qui fut développée avec l’extraordinaire travail artisanal du marbre sculpté de Tinos. Et il ne faut pas oublier l’art de la vannerie, incluant le tressage manuel de paniers, qui est connu bien au-delà de l’île. La Cathédrale de la Panaghia, repère de la ville de Tinos, est seulement l’une des nombreuses églises et chapelles de la foi orthodoxe et catholique, avec d’impressionnantes icônes et fresques que l’on trouve partout sur l’île. Non seulement ces sanctuaires de pierre ont été construits par les croyants, mais la religion habite les Tiniotes. Sur Tinos, la nature et les hommes vivent en harmonie. Par ce petit livre d’informations, traduit maintenant en français, espérons que les lecteurs seront encouragés à visiter Tinos et à partager leur expérience unique. L’île vous attend ! Pierre F. Haesler Août 2012

 

L’origine du nom

Tinos tire son nom du Roi Tino, premier résident de l’île et chef d’un groupe d’Ioniens, originaires de Karia en Asie mineure qui furent les premiers habitants au cours de la période préhistorique. Une tradition locale attribue le nom à la princesse Tinos. Des rapports ultérieurs veulent que l’île ait uniquement été nommée «Idrousa » à cause des nombreuses sources d’eau, mais aussi «Ofiousa » ou «Fidousa» à cause des nombreux serpents (fidia) qui y existent. Selon plusieurs chercheurs, la dernière appellation a été mal interprétée car «Fides» et «Efides» sont une sorte de cèdre qui prospère sur l’île (Aujourd’hui, nous ne pouvons le trouver que dans la région de Panormos), et non des serpents. Le statut spécial que cet arbre détient dans la vie des Tiniotes peut être déterminé par sa grande utilisation en construction, comme pour les maisons, les étables, car il est solide et résiste à l’humidité et aux mites. Dans l’Antiquité, Aristophane dans «Skordoforos » fait référence à Tinos à propos de l’extrême qualité de son ail (skordo). Callimaque y fait aussi référence dans « Agathousa », Aristote dans «Idrousa », et Démosthène et Eschyle dans «Erousa». Aujourd’hui, Tinos est appelée « l’île d’Éole » à cause des vents forts du Nord.

Mythologie

Tinos possède des mythes et des traditions comme chaque autre lieu de Grèce. La montagne «Tsiknias», point culminant de l’île, (714m) est liée à la mythologie. Dans l’ancien temps, elle était appelée «Girai Petrai» (les vieux rochers), ou «Gyros», à cause des « Gyraieis », l’une des douze tribus de Tinos, qui habitaient les pentes sud de la montagne. Selon Apollodore, après la campagne des Argonautes, « Argo », s’ancra près de l’île et deux enfants de «Borée» (Le Nord) et «Orithye», «Zétès» et «Calaïs», trouvèrent un abri sur cette montagne. Hercule, furieux parce que «Borée» avait étranglé son ami «Hylas», avec ses ailes, les poursuivit, les tua et les enterra séparément à cet endroit. On dit que lorsque leur père, «Borée», apprit cela, il prit le deuil et parce que sa colère était très grande, libéra les vents sur l’île pour qu’ils soufflent avec rage jusqu’ à aujourd’hui. Un autre mythe est tiré du poème d’«Homère ». L’«Odyssée» raconte que « Ajax » (Ajax Locride) revenant de «Troie» fut drossé sur les côtes de Tinos. Conséquence de «l’hybris » (ce qui signifie le manque de respect) qu’il avait commis à l’égard de «Poséidon»). Le dieu le tua sur le «Tsiknias». D’autres anciennes sources racontent qu’à ce même endroit, le dieu «Éole» ou «Borée» était adoré et les croyants y fondèrent un sanctuaire et un village. Il est aussi dit que le mont «Tsiknias» a tiré son nom du mot «Tsikna» (le parfum de la viande rôtie), quand les animaux étaient sacrifiés en l’honneur du Dieu. L’abondance de vases et de poteries à cet endroit confirme cette version. La relation entre la montagne, «Borée» et «Éole» est étroite car la montagne est fréquemment nuageuse et son sommet est souvent caché par un épais brouillard.

Rétrospective historique 

Tinos, comme le prouvent les recherches archéologiques, a été habitée depuis la préhistoire. C’est l’une des îles grecques qui présente des vestiges continus d’habitations. Selon la légende, les premiers habitants furent les «Cariens » et les « Lélèges ». Les plus anciens vestiges trouvés sur l’île sont situés sur la colline nommée «Vriocastro» ou «Vrecastro». Un habitat humain, débutant à l’âge du Cuivre, ou à la première Période cycladique est attesté par des poteries trouvées à cet endroit qui fut fortifié pendant l’âge du Cuivre, ou le Moyen-âge cycladique (2300 – 1600 av. J-C). Pendant cette ère, le phénomène de concentration de la population sur un endroit stratégique était habituel, comme à «Vriocastro». Comme le prouve la tombe en dôme de Sainte-Thècle, (située près du village de Pyrgos et datant du 13e siècle av. J-C) l’histoire de l’île se poursuit durant la période Mycénienne. Pendant la période des «Siècles obscurs » (12e-10e siècles avant J-C) pirateries et invasions des « Peuples de la Mer » sont observées dans toute la Méditerranée. Ces attaques sont évitées par le déplacement des habitats humains vers des bastions naturels. Le Mur cyclopéen est daté de cette période, à «Xombourgo». Des vestiges de la Période géométrique (9e-8e siècles avant J-C) ont été trouvés près du village de «Kardiani», précisément dans quelques tombes excavées - appelées aussi «Nécropole géométrique» - ainsi que d’autres vestiges antiques qui y ont été découverts. Au début de ces Temps anciens (7e siècle av. J-C), le centre de l’île est déplacé à « Xombourgo ». A partir des fouilles de N.Kontoleon, au milieu du siècle dernier, la découverte la plus importante mise à jour est le sanctuaire de la «Grande Déesse», appelée plus tard Déméter (Cérès), et les grandes jarres à relief qui ont été trouvées à l’intérieur. A la fin de cette période instable et après les invasions, Tinos – comme la plupart des endroits de Grèce – transféra son centre, du site naturel fortifié «Xombourgo» vers un lieu plus ouvert.A la fin de ces Temps anciens (6e siècle av. J-C) comme pendant la Période classique, la capitale de l’île est localisée dans un lieu bas près de la mer, où se situe actuellement le temple de la Vierge Marie. Pièce maîtresse parmi les plus importants vestiges de cette période, est l’Aqueduc de Pisistrate à « Linopi » (construit entre 549 – 542 av. J-C) qui fournissait de l’eau à la ville portuaire (Chora) jusqu’ en 1934, ainsi qu’au sanctuaire de Poséidon et Amphitrite à « Kionia », site dédié à leur culte. C’était le seul sanctuaire des Cyclades dédié au dieu de la Mer.

ANCIENNES PIÈCES DE TINOS

Les anciennes pièces découvertes à Tinos sont d’un grand intérêt car leurs gravures présentent des événements importants de l’île. Une pièce particulière, la plus fréquente à cette époque, présente le buste de l’ancien dieu de la Mer, Poséidon, sur l’un des côtés, et un trident (symbole de ce même dieu) sur l’autre côté. C’est pourquoi nous affirmons que Tinos, au travers de cette pièce particulière, voulait détenir un pouvoir maritime. D’autres pièces, révélant une production importante de vin dans l’île, présentent Bacchus tenant des raisins ou le thyrse comme Zeus. Plus tard, le dieu fut adoré à Tinos aussi comme un guérisseur. En 338 av. J-C, Philippe II conquit les Cyclades, et après la mort d’Alexandre le Grand, Antigone et plus tard Ptolémée (Roi d’Egypte) gouvernèrent Tinos. Après 300 av. J-C, Tinos était libre et en 270 av. J-C elle fut déclarée Ile Sainte. En 146 av. J-C, les Romains dominaient l’île et Tinos devint une partie de la province d’Asie Mineure. Malgré cela, elle bénéficia d’une autodétermination et de la liberté jusqu’ au milieu du 2e siècle ap. J-C, lorsque la piraterie frappa l’île par des attaques répétées des habitants. Pendant la Période byzantine, elle tomba dans l’obscurité, attaquée par différents assaillants (Arabes, Sarrasins, Goths, Ottomans et autres).Plus tard, quelques séismes touchèrent l’île associés à des années de peste (l’une d’elles dura 52 ans), décimant la population. Jusqu’aux Croisades, aussi appelées Période des Francs (Croisés de l’Ouest), Tinos connut les «Années noires ». En 1207, les frères vénitiens André et Jérémie Ghizi reçurent l’administration de Tinos et Mykonos. Les «Ghizi» fortifièrent le château de Xombourgo, en vue d’apporter la sécurité à l’île car, jusqu’alors, elle était sans défense contre les envahisseurs, à cause de l’absence de murs fortifiés. Tinos est la seule île qui n’a pas connu la domination de l’Empire Ottoman sauf en 1715 et pour une courte période. C’est alors que Xombourgo fut délaissé par ses habitants et la capitale de l’île fut transférée sur le site de l’actuelle «Ville» (Chora). Une courte domination russe suivit et en 1821, le premier village de Tinos à hisser le drapeau de la Révolution grecque fut «Pyrgos», sous la direction de G. Palamaris. La découverte de l’icône de l’Annonciation, qui donna courage et foi aux soldats de la Liberté, accrut la ténacité grecque et eut pour résultat la victoire sur l’Empire Ottoman. Après la libération, l’île s’épanouit particulièrement dans le domaine de la Culture et des Arts. En conséquence, l’île de Tinos devint le «berceau» d’importantes personnalités culturelles pendant cette période. En particulier elle encouragea les combats de la Nation, apporta protection aux réfugiés et, plus tard, contribua à la Résistance nationale contre l’occupation allemande de la Grèce.

Dates importantes de l’île

480 avant J-C : Pendant le «Moyen-âge», (492-479 av. J-C), Tinos est conquise par les Perses. Cependant, selon Hérodote, la trirème tiniote menée par Panetius de Sosiménis, fait défection et rejoint la flotte grecque informant les Grecs des plans perses, juste avant la bataille de Salamine. Cette action héroïque des Tiniotes contribua fortement à l’issue victorieuse de la bataille navale pour les Grecs. La trirème de Panetius est maintenant le symbole de la Municipalité de Tinos. La bataille de Platée (479 avant J-C). A cause d’une participation importante de Tinos à la bataille, le nom «Tinos» fut gravé sur le trépied dédicacé de Delphes. 4e siècle après J-C : Tinos adhère à la Religion Chrétienne, et l’ancien Panthéon grec (Culte des douze dieux) est abandonné, ainsi que le Sanctuaire de Poséidon et Amphitrite à «Kionia», après des siècles d’activité. Période byzantine : L’île appartient à la Grèce et subit des incursions répétées de Sarrasins et différentes autres tribus. 1207 : Tinos est soumise à l’autorité de Venise, d’abord en tant que possession de la famille Ghizi (1207-1390) et par la suite, jusqu’ en 1715, sous l’administration directe de la République de Saint-Marc. La présence continuelle des Vénitiens et le statut spécial souscrit entre elle et Tinos joua un rôle important dans le devenir des caractéristiques sociales de Tinos. L’île devint l’abri d’exilés, leur assurant stabilité et relative sécurité. Quand la culture et la religion sont liées, de telles conditions influencent la société locale par la création d’une forme particulière de féodalisme. (Surtout en forte présence du dogme catholique). 1538 : L’île fut pillée par le pirate Hayreddin Barbarossa. 15 juin 1715 : Les Turcs, après des tentatives avortées, et en collaboration avec les Vénitiens, conquirent l’île, une des dernières places asservies de Grèce. Leur présence est en conséquence particulière. Tinos tira des avantages de certaines conditions favorables et avec un certain succès. Ces règles indépendantes concernent le développement financier et principalement les activités commerciales et l’artisanat. Tinos acquiert une prééminence dans la sculpture du marbre. Elle devient le plus grand centre de cette activité en Grèce, avec toutes les familles qui se consacrent à l’Art du marbre, en voyageant à travers toute la Grèce, l’Asie Mineure, et les Balkans. Outre le patrimoine de l’île, la religion et les écoles furent préservées, de même que le système de taxation auquel les Tiniotes étaient habitués. 1771-1774 : Une brève occupation russe par les frères Orlov eut lieu pendant la Révolution.
31 mars 1821 : Pyrgos, arrondissement de Tinos, est le premier à rejoindre la bannière de la Révolution grecque, au «Côté extérieur» (Exo Meria). « Chora », la capitale suivit le 20 avril, ainsi Tinos contribua à la cause de la liberté sur terre et sur mer. 30 janvier 1823 : «Du sol, l’icône sainte fut remontée en surface, révélant la liberté de la Grèce». La découverte de cette icône miraculeuse de la Vierge Marie, après la vision d’une nonne nommée Pélagie, rétablit l’île comme le symbole contemporain majeur de la patrie et de la foi orthodoxe. 1895 : Les «Tiniotes» (une célébration locale accompagnée d’événements sportifs) furent organisés sur l’île. Ces jeux furent les précurseurs du renouveau des Jeux Olympiques en Grèce en 1896. 15 août 1940 : Les Italiens torpillent et coulent le croiseur de la Marine grecque «Élie» dans le port de Tinos, tandis que l’île était bondée de pèlerins, jour de la fête religieuse du 15 août. Heureusement, personne ne fut blessé parmi les milliers de pèlerins, ce qui fut considéré comme un miracle de la Vierge Marie.

TINIA 1895 (Les « Tiniotes »)

Les jeux de Tinos, précurseurs des Jeux Olympiques modernes à Athènes, furent célébrés pendant les trois jours précédant le 15 août 1895. Ils contribuèrent à la renaissance des Jeux Olympiques en 1896, plusieurs siècles après leur abrogation (4e siècle ap. J-C). Ils reflétaient l’esprit olympique, avec ses jeux qui étaient intégrés à des célébrations religieuses, comme ce fut le cas dans les temps anciens. Le gymnaste tiniote et avocat, Xénophon Sohos, prit l’initiative de l’organisation de ces jeux. Après le refus de l’Association Panhellénique de Gymnastique, l’Association Nationale de Gymnastique accepta de financer cette entreprise. La force et le retentissement que le sanctuaire de la Vierge Marie avait dans la Grèce libre et indépendante peuvent être attestés par le grand nombre de croyants et visiteurs qui sont venus y assister. Il est important de mentionner que le Saint Institut Grec de l’Annonciation de Tinos a fourni le plus grand soutien économique. Le montant de 2 000 Drachmes (montant substantiel en ce temps-là) est une indication de l’importance du parrainage de la Sainte Institution, en comparaison avec les 70 Drachmes que la Municipalité de Tinos offrait. Pour les «Tiniotes» de 1895, deux médailles seulement furent conservées. Sur une face, est gravée une scène de l’Annonciation et sur l’autre, un soldat sans lance, symbole de paix que ces jeux voulaient incarner. Après cent dix années, en 2006, les Jeux tiniotes furent une fois de plus célébrés à leur emplacement de naissance. Toutes les institutions locales participèrent à cet événement sportif, parrainé comme dans l’ancien temps. Comme en 1895, l’Association Olympique Nationale prit en charge l’organisation en plus de sa participation. Après le succès des jeux, il fut décidé que les «Tiniotes» seraient renouvelés tous les quatre ans, exactement comme les Jeux Olympiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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