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«Tinos fut appelée «l’île de l’Art et de la Beauté» car couverte de pièces maîtresses architecturales. C’est un cadeau de la nature, pas seulement pour ses pierres rares, comme le marbre blanc et vert, le schiste et le granit, mais aussi pour son environnement qui favorise et stimule le penchant artistique des êtres humains. C’est pourquoi c’est le «berceau» de nombreux artistes célèbres en architecture et autres Arts figuratifs».




La campagne de Tinos

A côté de l’architecture, la campagne de Tinos présente un grand intérêt. Le climat et l’environnement façonnèrent la structure des champs, ainsi que le travail des laboureurs locaux. Les paysans transformèrent les pentes en champs cultivables, au moyen de murs de pierres de retenue (ou «escaliers» dans le dialecte local) avec lesquels ils créèrent ces murs de pierres sèches (comme des terrasses). Cet usage était présent à Tinos dans l’Antiquité. Ce phénomène existait déjà depuis le 4e siècle av. J-C, les habitants de l’île utilisaient ceci pour donner cette forme aux étroites bandes de terre le long des pentes des collines de l'île, retenant la masse de terre entre elles. Ces «escaliers», étaient aussi appelés «Trafos» (anagramme de l’ancien grec (tafros) «tranchée»)  et ils forment des réservoirs naturels d’eau, ou de terre cultivable. De cette façon, la surface demeure la même, la terre est retenue et ne s’échappe pas à cause de la pluie. Sur le côté interne de la terrasse, des figuiers ou des vignes étaient plantés, ainsi ils pouvaient protéger les cultures des vents du Nord, et ainsi maintenir l’humidité. L’accès des fermiers à leur propriété est possible par des chemins étroits, construits de manière similaire avec des pierres sèches le long du bord des champs, régulièrement avec des marches, à cause de l’inclinaison de la terre. Ces chemins procurent une expérience plaisante aux visiteurs, soit lors de randonnées ou de marches, ou simplement pour les admirer. Aux endroits où l’eau fut trouvée, principalement par le creusement de puits, les fermiers préférèrent créer des champs d’oliviers, de citronniers et des vergers. De ce fait, les conditions qui prévalent dans ces lieux jouent un rôle très important. Dans les basses plaines du centre de l’île, autour du village de Komi, les champs ont été préservés des animaux par des digues, lesquelles aident également à maintenir l'humidité.

Villages de Tinos

Τα χωριά της Τήνου

La majorité des villages de Tinos furent établis au 17e siècle et c’est à ce moment qu’ils atteignirent leur apogée. Leur forme fut influencée par une variété de facteurs. Les plus importants furent les conditions climatiques et les vents dominants de l’île, aussi bien que le paysage et l’environnement social et historique. Les invasions par la mer, pendant plusieurs périodes historiques, forcèrent les gens à migrer vers l’intérieur de l’île, y construisant la majorité de leurs implantations. Construits dans les campagnes de Tinos entourées de montagnes, (comme les villages de Volax et Pyrgos) ils étaient invisibles de l’ennemi. Pour cette raison, l’utilisation du schiste local, abondant sur l’île, a contribué à cette solution, tout comme la proximité entre les maisons, construites les unes à côté des autres. Parfois, quelques villages ont une vue vers la mer (par exemple les villages de Kardiani et Ysternia), mais ils étaient aussi protégés de l’est d’où venait le plus grand danger. Les vents qui frappent l’île, particulièrement ceux du nord-est, sont plus violents que sur les autres îles de la Mer Egée. Il en résulte la construction des villages dans les endroits protégés. Les artisans de Tinos utilisèrent intelligemment la topographie du sol, placèrent les villages en ce sens, ainsi ils pouvaient les orienter vers le soleil et favoriser une bonne aération, tout en se protégeant des vents violents. En outre, d’autres conditions météorologiques influencèrent la formation des maisons tiniotes. 28 La présence de toits en terrasse a pour origine l’absence de neige et de fortes pluies, tandis que les tunnels dans les chemins des villages les protègent de la pluie et du soleil. Toujours proches des versants des montagnes, les villages tiniotes profitèrent de l’approvisionnement en eau et de la fertilité des champs pour leurs récoltes. En conclusion, la topographie et les conditions d’environnement locales jouèrent un rôle important dans l’installation des villages et la construction des maisons placés selon la configuration de l’île. Les pentes de terre avec les «terrasses», comme ce qui fut mentionné pour la campagne, eurent un effet similaire pour l’implantation des villages. Les couches de roches de l’île furent largement utilisées par les constructeurs locaux, comme le schiste et les pierres sèches des murs des maisons, le marbre des allées pavées, et les extensions que les propriétaires se sont permis. L’architecture tiniote est originale. En dépit de la présence vénitienne sur l’île pendant plusieurs siècles, les éléments occidentaux ont été assez limités. Seulement à de rares exceptions, nous pouvons observer des colonnes de marbre, caractéristiques des constructions de l’Occident et des églises.L’occupation turque de Tinos ne laissa pas de vestiges architecturaux. La courte période d’occupation de l’île (1715-1821 avec des intervalles) contribua à cette situation. Les caractéristiques principales des villages tiniotes sont le manque de retranchements et l’absence de fortifications, avec la seule exception du château d’Exombourgo, en raison des circonstances mentionnées précédemment. Ceci est principalement dû aux accords que les Tiniotes et les occupants conclurent, préservant l’autodétermination des îliens. La structure des villages indique comme leur vie sociale était « étroite », avec la maison accolée à une autre. Les routes et chemins forment un réseau serré suivant l’inclinaison de la pente. De nombreux villages ont des bâtiments publics, comme l’école, les établissements communautaires et autres. Par ailleurs, les fontaines, les espaces ouverts pour les fêtes, les places de villages sont des lieux animés pour un séjour plaisant. La caractéristique principale de l’ordonnancement du village est l’espace formant un quartier. La plus grande importance est donnée à la place du village et à l’église qui souvent sont accolées ou très proches. Tous les bâtiments publics et les endroits de réunions (ex : cafés) ou les endroits commerciaux (ex : boutiques) sont placés autour de la place du village, centre de la vie sociale villageoise. Dans certains gros villages, il y a parfois plus d’une place. Malheureusement, dans le port en ville, (Chora) à cause de la concurrence de l’espace prévu par la ville à des fins commerciales, les choses sont différentes. La structure traditionnelle de l’espace public est ici autre et l’accent est mis sur le front de mer et le port. Cependant, des quartiers basés sur le plan de la ville traditionnelle existent à Chora. Les appellations de nombreux villages datent de la longue période féodale régnant sur l’île. Un exemple de ceci est que le nom des villages se termine par « ados ». D’autres villages, « Komi », « Steni », et autres, témoignent qu’ils furent fondés dans l’ancien temps pendant la Période classique (par exemple Komi = ville (Chora). Certains doivent leur nom aux premiers habitants, les «Cariens», par exemple «Karia», alors que d’autres ont tiré leur nom de certaines caractéristiques de cette zone comme «Loutra» (thermes). « Tripotamos » (Trois rivières), Krokos (Crocus).

Les maisons tiniotes

Les maisons de l’île constituent un merveilleux exemple de l’art populaire. Elles se distinguent par leur conception simple et fonctionnelle. Elles sont petites avec quelques ouvertures, rares sur la façade nord, comme dans les autres habitats méditerranéens. Dans l’ancien temps, les façades des maisons ont été laissées sans peinture afin de se fondre dans leur environnement. Aujourd’hui, elles sont blanchies à la chaux ou peintes avec des couleurs claires, principalement pour des raisons de propreté et en second pour refléter la lumière intense du soleil, afin d’éviter une surchauffe. Les matériaux de construction et de décoration utilisés ici sont en priorité le marbre et le schiste, tandis que la chaux est utilisée en construction et décoration ou pour combler les fissures. Le sol est couvert de schiste ou d’aggloméré. Les maisons tiniotes traditionnelles étaient composées d’une pièce spacieuse, le salon, qui était le lieu de réception des visiteurs, deux ou trois plus petites pièces, les chambres, directement reliées au salon (en fonction du nombre de membres de la famille), situées à l’arrière ou sur les côtés, une cuisine avec un foyer (principalement utilisé pour cuisiner et non pour le chauffage). Le sous-sol est placé sous l’habitation, les produits agricoles y sont entreposés, ainsi que le four, et les pièces où est conservée la récolte, comme la salle du pressoir à vin, la salle de distillation du raki, la grange et autres.

La cour, ouverte et rarement intérieure, donne habituellement sur la façade avant de la construction, au premier étage, très souvent orientée au sud. Elle est entourée de murs, de banquettes souvent revêtues de carreaux de marbre comme un double rebord (avec une des parties plus courte), où chacun peut s’asseoir et apprécier la vue magique de la Mer Egée. Le rôle de la cour était, et est encore, important, lieu d’une vie sociale de la famille. L’équipement de la cour incluait des bancs, tables, des bacs à fleurs, des chaises et des escaliers menant à l’étage supérieur ou la terrasse. Le premier étage est relié au rez-de-chaussée et à la rue habituellement par un escalier ouvert, souvent revêtu de marbre. L’entrée principale, qui est dans la majorité des maisons au milieu de la façade, entre les fenêtres, est décorée par des linteaux de marbre semi circulaires. Sur le toit de la maison, ou la terrasse, il y a de magnifiques cheminées, réel plaisir des yeux. Pour beaucoup de maisons, ces cheminées ont la forme de jarres. L’emploi de ces matériaux est toujours idéal pour l’utilisation prévue. Le côté pratique est combiné avec la beauté pour servir parfaitement les besoins humains. A l’intérieur, les maisons ont de simples lignes, avec pour seule caractéristique décorative l‘arche principale, communément appelée «Volto», placée au milieu du salon. D’autres éléments sont les niches dans les murs (petites ou grandes pour y placer différents objets). Le «Volto», caractéristique particulière de l’architecture insulaire, est essentiel au soutien du poids du toit ou de la salle supérieure. Les maisons sont équipées avec le mobilier traditionnel et indispensable (buffet, commode, divan et coffre). Le mobilier est couvert d’étoffes brodées à la main ou tissées manuellement sur des métiers tandis que des rideaux tissés sont suspendus aux fenêtres. Le mode de vie dans les maisons traditionnelles était aisé, la preuve en étant une séparation totale entre les animaux et les lieux de vie de la famille, ne ressemblant pas aux conditions traditionnelles d’habitat dans le reste de la Grèce rurale, à cette époque. Des lieux spécifiques existent pour ces animaux à côté ou autour des maisons, comme des étables, des porcheries et des pigeonniers, ou autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Eglises et chapelles

Tinos était un centre religieux depuis les temps anciens, quand le sanctuaire de Poséidon et Amphitrite en faisait la plus grande destination de pèlerinage pour les Grecs. La foi et les aspects religieux de l’île traversèrent les siècles jusqu’ à aujourd’hui. La preuve en est le grand nombre d’églises érigées au travers de l’île. Ce fait constitue une difficulté pour entreprendre une étude méthodique sur elles, et ce n’est pas fini. Il y a environ 1 000 églises orthodoxes et catholiques. Tinos a une place spéciale dans le domaine de l’architecture des églises, où la sensibilité de l’âme tiniote eut son apogée, en utilisant des techniques de construction d’Occident et d’Orient, de manière unique. A l’aide de matériaux locaux et de dévotion, les constructeurs tiniotes dessinèrent et construisirent des églises qui sont de vrais chefs d’œuvre. Par ailleurs, les campaniles séduisent les pèlerins en visite par leur aspect magnifique combiné à leur simplicité. Chaque unité est faite de marbre et de pierre, indifféremment décoré ou austère. Durant les années byzantines, beaucoup d’églises paroissiales furent érigées dans les villages. La construction de cette multitude d’églises est surtout due à l’accord spécial entre les habitants de Tinos et les Turcs, après que les dirigeants de l’île, les Vénitiens, l’ont livrée à l’Empire Ottoman. La population de Tinos était libre de construire autant d’églises qu’elle désirait. Dans chacune des propriétés, une église de famille fut construite. Plus tard, la possession d’une église fut considérée comme une bénédiction pour la famille à laquelle elle appartient. Ceci s’est transféré de génération en génération, sans prêter attention à l’effort et à la dépense. Lorsque chaque église est célébrée, qu’elle soit privée ou non, tous les dévots, amis et étrangers se réunissent et font plaisir à la famille propriétaire et à l’ensemble du village. Les friandises sont constituées de café, raki, et de loukoums. (A Noël, ils offrent aussi des gâteaux frits au miel «diples», et à Pâques, des chaussons au fromage). Habituellement à côté des spécialités ci-dessus, ils offrent aussi des plats traditionnels, comme le fromage tiniote, la louza,

H Κοίμηση της Θεοτόκου στο χωριό Καρυά

(filet mignon de porc), le skordato (sorte de saucisson épicé), des artichauts conservés dans l’huile, tout ceci arrosé de vin local. Les églises de Tinos sont divisées en trois types : les églises paroissiales, qui sont hors des villages et de la ville, les chapelles, plus petites églises près des cathédrales, et les églises rurales. Ces dernières, toutes blanches, sont innombrables et peuvent être aperçues partout dans la campagne de Tinos : sur les sommets des montagnes, dans le paysage rocheux, près des plages, dans les champs, près des chemins et des routes, dans les vallons, et en général partout où un croyant tiniote peut l’imaginer, dans les villages, mais aussi en ville. Ces chapelles couvrent et embellissent la campagne. Elles font partie intégrante du paysage et sont la «spécificité» de Tinos. Chaque jour, il y a certainement une chapelle qui est glorifiée quelque part. Les festivités dans les petites églises animent la nature et constituent de véritables rassemblements des îliens. En ce qui concerne leur aspect architectural, les églises de Tinos ont une, deux ou trois nefs.Περιστεριώνες στην Τήνο

La caractéristique principale des églises de Tinos est leur clocher aux formes variées. Souvent, il s’élève uniquement près de l’église. Les vieilles églises n’ont pas d’ouvertures, tandis que les récentes en ont. La longue coexistence des dogmes orthodoxes et catholiques sur l’île entraîne une influence mutuelle en ce qui concerne le style architectural. Dans de rares cas, il y a des églises consacrées aux deux dogmes, comme Sainte-Catherine au «Tsiknias». Généralement les églises traditionnelles de Tinos, et particulièrement les rurales, ne diffèrent pas des maisons tiniotes en ce qui concerne les matériaux de construction, comme l’ardoise, et les murs extérieurs blanchis à la chaux. Le plafond est plat et constitué de dalles monolithiques ou de petites posées sur des poutres en bois (ou des «traves» comme ils les appellent localement). Sur certaines façades d’églises, vous trouverez des frontons triangulaires. Ces éléments ne sont pas en accord avec les traditions locales, mais sont récentes (19 et 20e siècles).


Pigeonniers

Les pigeonniers sont les habitations des pigeons. L’amour des pigeons existait déjà dans les temps anciens et toute la Chrétienté, quand la colombe symbolisait l’Esprit Saint. Les Grecs les ont associés à la paix, l’amour et la tendresse. Des poèmes et des chansons ont été écrits en leur honneur et nous les voyons aussi sur les gravures traditionnelles, broderies et peintures. Les pigeonniers existent aussi dans d’autres îles des Cyclades mais les plus saisissants sont situés à Tinos. Ils ont été étroitement liés avec l’île et peuvent être considérés comme sa caractéristique. Le constructeur sait que dans le but d’attirer les pigeons, un lieu approprié doit être trouvé. C’est pourquoi ils sont construits dans des sites ruraux et à des emplacements choisis, près des champs cultivés et des sources, dans des pentes et des ravins, mais jamais sur une montagne. Ceci favorise le vol des oiseaux et les aide pour leur retour. L’existence d’eau proche de ces structures est nécessaire à leur survie. A côté de cette raison fonctionnelle de leur existence, ces pigeonniers sont un signe de beauté et d’aristocratie. Posséder un pigeonnier était considéré comme un honneur par ses propriétaires, qui leur conférait un statut social plus élevé. Les pigeonniers sont considérés comme un ornement de la campagne tiniote et ce qui est remarquable est que chacun est différent de l’autre.Ils ont une taille adaptée, avec des murs construits en pierre. Le rez-de-chaussée est utilisé comme remise pour la production agricole et les outils, et le premier étage pour les colombes. Comme pour les autres constructions de Tinos, les matériaux locaux sont utilisés (ardoise et autres pierres blanchies à la chaux) pour la construction d’un pigeonnier. Le bâtiment ne possède qu’une seule porte de bois utilisée pour l’entrée du propriétaire, mais aussi pour la protection des pigeons contre les prédateurs comme les serpents et les souris. Les constructeurs utilisaient des ardoises pour créer de rares décorations sur une ou plusieurs faces de la structure (triangles, soleils, cyprès et autres). Ces éléments décoratifs créent une incroyable harmonie, et ont été appelés «broderie architecturale». Chacun pris individuellement, ou groupés, forment un ensemble de bâtiments rares pouvant être perçus comme l’expression d’un art populaire unique dans le monde entier. Ceci traduit un besoin émotionnel profond qui émerge sous la forme d’une architecture créative.
Περιστεριώνας στην Τήνο

Bien que des pigeons fussent présents dans les îles depuis de nombreux siècles, il semble que les Vénitiens introduisirent un élevage régulier. Tandis que lors de la domination vénitienne, les pigeonniers étaient un privilège des Vénitiens conquérants («droit de colombier») les gens du pays ont bâti les leurs en accord avec leur tradition et en firent leur propriété. La majorité des pigeonniers furent construits pendant les 18 et 19ème siècles. L’élevage de pigeons était si important que les Tiniotes les exportaient partout en Grèce, même jusqu’à Smyrne, Istanbul et ailleurs. Leur viande délicieuse était fortement appréciée, surtout conservée dans des jarres contenant du vinaigre, car elle était, et est toujours considérée, comme de très grand choix et nourrissante. Même aujourd’hui, les habitants cuisinent et servent des pigeons. Ils les produisent, non seulement pour leur chair délicieuse, mais aussi pour leurs excréments qui sont considérés comme un fertilisant naturel de première qualité. Le nombre exact de pigeonniers n’est pas connu mais excède certainement 1 000. La plupart d’entre eux sont construits dans le centre et l’est de l’île, la majorité dans le village de «Tarambados», mais aussi à «Tripotamos». Actuellement, des efforts sont entrepris pour préserver ces pigeonniers de Tinos. Grâce à des contributions volontaires et des études, l’association «Amis de la Nature» a entrepris et poursuivi cette initiative. Jusqu’à présent 140 pigeonniers ont été restaurés, alors que l’objectif de cette association est d’en restaurer 1 007.

Moulins à vent

Tinos est la place idéale pour le fonctionnement des moulins, les vents forts qui dominent l’île sont un sérieux avantage. Après une enquête scientifique, on a constaté qu’il y existe plus de moulins que dans toutes les autres îles des Cyclades. Avant la Chrétienté, plus de 80 moulins fonctionnaient et moulaient du blé non seulement pour Tinos mais aussi pour des îles voisines. Pendant la domination Vénitienne, les moulins augmentèrent car le blé était systématiquement cultivé pour les besoins de la population qui avait triplé. Ils furent construits en pierre locale sur le sommet des collines et dans des passages, ainsi le blé pouvait aisément être transporté des villages voisins vers le moulin. La construction est divisée en trois parties, la mouture était faite dans la dernière et la plus haute. Nous pouvons les rencontrer, en groupes ou isolés, sur toute l’île. Sur la colline dominant le village d’«Ysternia », beaucoup de moulins sont regroupés, car il y fut développé une industrie d’exportation de farine dans le passé, la marchandise étant exportée par le petit port du village. Néanmoins il y avait de nombreux moulins sur toute l’île pour un usage domestique. La mouture continua pendant la guerre d’Indépendance pour l’alimentation de la flotte grecque, et ensuite durant le temps de paix. L’opération de moudre coïncida avec des temps de prospérité, car ceci signifiait que tout allait bien pour la région et son économie. Pendant la Seconde guerre mondiale, les meuniers de l’île, risquant leur propre vie, offraient d’importants services à la population en allant moudre en secret pendant la nuit, pour satisfaire les besoins locaux. Leur action continua jusqu’aux années 70 alors que bon nombre d’entre eux étaient déjà fermés. Jusqu’à une date récente, le dernier moulin était encore en activité dans la vallée de Kambos, mais malheureusement il fut fermé . Les quelques moulins qui ont survécu jusqu’à ce jour sont considérés comme des exemples de l’art et de l’habileté des artisans locaux. Maintenant vestiges des siècles passés, les moulins justifient le lien de l’île avec Éole, dieu du Vent. Les moulins tiniotes ont des rayons en bois sur lesquels les mats sont liés, tournant selon la force et la direction du vent. Pour leur construction, furent utilisés seulement des matériaux locaux, sauf pour la meule qui était importée de l’île de Milos.


         Ανεμόμυλος στην Τήνο

La profession de meunier était héréditaire. Les meuniers étaient considérés comme les meilleurs prévisionnistes amateurs. Comme les marins, ils connaissaient les vents et c’est pourquoi, après suffisamment d’observation, ils choisissaient où construire le moulin. Ensuite, pour que les choses se déroulent bien, ils priaient les Saints, comme Saint-Nicolas, patron des marins, Saint-Georges, et Saint-Minas, installant leur icône dans le moulin, très haut sous les poutres de bois.

Moulins à eau

Les moulins à eau furent inventés au premier siècle av. J-C, et on ignore quand le premier fonctionna sur Tinos. Ils sont liés à l’ancienne appellation de Tinos «Hydroussa», révélant la présence d’eau et de sources sur l’île. Les locaux tirèrent avantage de ceci et utilisèrent des moulins à eau avec les moulins à vent pour moudre du blé. Comme les moulins à vent, ils peuvent être vus individuellement ou en groupe dans les lieux où l’eau abonde, comme «Livada», «Marouli», et «Pérastra». A Tinos jusque récemment, les moulins à eau fonctionnaient encore. Malheureusement, comme pour les moulins à vent, ils sont tombés en désuétude et dans l’oubli, à cause de l’évolution de la technologie.

 

L’art du marbre et de la sculpture

Des chefs d’œuvre en marbre peuvent être trouvés partout sur Tinos. Ils sont sur les routes et les chemins de l’île, près des églises et des maisons, généralement partout où vous regardez. Le marbre de Tinos fut travaillé avec amour et imagination par des sculpteurs efficaces et des techniciens ; ornements de marbre et sculptures décorent tous les sites où ce marbre a été utilisé. De ce fait, le technicien fut toujours approuvé dans ses choix. Le marbre unique et bien connu de Tinos, blanc ou vert, a été utilisé et continue d’être un des premiers choix pour les monuments et les projets architecturaux. Ce n’est donc pas une surprise qu’il ait été utilisé à Buckingham Palace et au Louvre. L’artisanat tiniote, conséquence du dévouement et de l’amour, a réussi à créer des chefs d’œuvre artistiques en utilisant ce matériau local. Tinos, en plus des œuvres d’art commandées par d’autres cités grecques et étrangères, est également désignée comme «un musée de sculptures de marbre traditionnel en plein air». Les plus illustres exemples de l’Art local sont les églises, les cimetières (principalement les cimetières de Pyrgos et Platia), les forteresses/châteaux, les fontaines de marbre, les lavoirs communautaires dans les villages et enfin les tympans semi circulaires au-dessus des portes et fenêtres qui décorent les maisons et les églises. Il faut aussi mentionner que vers 1845, la sculpture et l’architecture sont les principales caractéristiques préindustrielles, sur l’île de Tinos et elles occupaient plus d’un millier de personnes entre sculpteurs, maçons et techniciens.

Art du marbre – Sculpture du marbre

Selon la tradition, le plus exceptionnel sculpteur de l’antiquité, Phidias, vint à Tinos et enseigna cet art et ses secrets. C’est aussi montré par un grand nombre de fouilles archéologiques. Le marbre local fut utilisé pour la construction du temple de Poséidon et Amphitrite à Kionia, et les artistes tiniotes participèrent à la construction du Sanctuaire de l’île de Délos. Par ailleurs, les carrières du célèbre marbre vert de Tinos furent exploitées depuis les temps anciens, principalement pendant la période Romaine et les premiers temps du Christianisme. Le plus grand développement de l’Art du marbre prit place après la Révolution grecque en 1830, quand Tinos évolua tant qu’elle devint le plus grand centre de sculpture du marbre en Grèce, mais aussi l’un des plus grands du monde entier. Les sculpteurs tiniotes firent de leur île sa célébrité dans le monde entier en lui offrant une haute réputation. Tinos elle-même avec son grand statut artistique et sa beauté naturelle inspira et inspire encore les artistes. Les côtes sinueuses, les rochers sculptés naturellement, les rives paisibles, mais aussi la nature sauvage s’exposèrent aux vents violents qui taillent chaque sorte de rocher en formes imposantes. Même les arbres croissant dans la région sont une source d’inspiration et animent chaque visiteur de l’île. Il n’est pas étrange que toutes sortes d’artistes viennent dans cette île pour être inspirés et créatifs. Certains d’entre eux s’y installent même, créant leur atelier. Les facteurs suivants ont contribué au développement et progrès de l’Art et de la Sculpture du marbre :

Les conditions sociales et financières prévalant pendant de longues périodes.

La domination vénitienne et la foi catholique qui soutenaient la sculpture du marbre et favorisèrent le travail artistique en général.

La terre de Tinos, riche en pierres précieuses, connue pour son marbre blanc et vert (spécialement dans la partie nord-ouest de l’île où les carrières sont localisées).

La cohabitation avec les artistes et les sculpteurs qui ont inspiré le reste de la population tiniote et encouragé leur talent inné.

Les bourses accordées par la Sainte Institution Grecque de l’Annonciation de Tinos qui finançait les études de nombreux artistes à l’étranger (entre autres Ghizis et Lytras).

Finalement, l’école des Beaux-Arts, qui fonctionne dans le village de «Pyrgos».

Toutes les conditions ci-dessus entraînèrent les locaux à travailler eux-mêmes le marbre ainsi que son Art, en les soutenant toujours. Ce n’est donc pas un hasard si la profession de marbrier est en lien avec les sculpteurs de marbre et artistes. En effet, il est prouvé que le premier atelier organisé commença dans le village de «Pyrgos» durant le 17e siècle. A partir de cela, de nombreux ateliers furent créés et la compétition qu’ils ont développée entre eux favorisa leur progrès, tandis qu’ils atteignaient leur apogée au 19e siècle. Les voyages des artistes locaux dans d’autres parties de la Grèce et à l’étranger les aidèrent à la création de modèles originaux et variés. La création artistique s’était étendue à de nombreuses activités dérivées et à des constructions. Ainsi aujourd’hui, nous rencontrons de nombreuses œuvres d’Art sur tout Tinos : dans les églises, avec leurs chœurs, sur les tympans des maisons, ou sur les armoiries en marbre, les fontaines de marbre, les pierres tombales et les monuments funéraires, qui sont partout et en chaque lieu, les artistes locaux pouvaient alors s’en imprégner. Les sculpteurs réputés, comme Giannoulis Halepas, Dimitris Fillipotis et beaucoup d’autres, ont beaucoup voyagé et ont réalisé de nombreux projets, comme le Palais Royal, l’Université, l’Académie, Polytechnique, le Musée archéologique, la Librairie nationale, le Manoir Zappeio et d’autres. Bien que la sculpture du marbre et ses ateliers aient subi une crise dans le milieu du siècle dernier, le retour aux valeurs traditionnelles, même à des fins touristiques ou pour la construction de résidences basées sur les maisons traditionnelles tiniotes, a encouragé la continuation de la tradition de la sculpture du marbre. Ces ateliers existent principalement dans les villages de «Pyrgos» et «Ysternia», où le marbre est produit. Les différents musées de l’île exposent divers travaux des artistes tiniotes. Quelques autres créations peuvent être trouvées dans les villages, au cas où le visiteur souhaiterait découvrir les Arts du marbre et autres pierres, ainsi ils peuvent être découverts partout.

 

 

Linteaux de marbre (ou tympans)

Υπέρθυρο της Τήνου Les linteaux de marbre (ou tympans, selon une autre appellation) peuvent être trouvés sur toute l’île. Ils comportent d’authentiques créations des maçons traditionnels et ils sont maintenant directement liés aux maisons typiques de Tinos. Ils sont gravés dans du marbre, en forme de triangle ou de demi-cercle,Υπέρθυρο Τήνου

toujours troués. Ils suivent diverses formes, offrant un meilleur éclairage et ventilation dans les maisons tiniotes. Ils sont considérés comme une amélioration du «triangle de décharge» de la période Mycénienne. Beaucoup de ces linteaux ont maintenu leur utilisation d’origine dans les maisons des villages et la ville de Tinos, et jusqu’à aujourd’hui. Ils sont positionnés au-dessus des portes extérieures et même des fenêtres de la maison, afin de diriger la lumière vers les pièces sombres (les maisons traditionnelles ont de rares et petites ouvertures). Ces travaux artistiques utilisent des motifs décoratifs, comme des oiseaux, moutons, fleurs, poissons et arbres, d’inspiration vénitienne ou byzantine, donnant des exemples clairs de l’esprit unique de Tinos. Ils ont une valeur esthétique importante, ils sont la parure des maisons et ont une grande signification dans le monde des Arts. Aux côtés des raisons pratiques de leur existence, les tympans sont des éléments décoratifs de la façade de la maison. Ils ont même créé des blasons et des emblèmes de familles éminentes, mais ils protégeaient la famille aussi avec leurs inscriptions, certains d’entre eux faisant référence au Mal. En outre, en accord avec la croyance populaire, l’entrée principale de la maison devait être protégée des périls et des ennemis. Dans certaines maisons de Tinos, nous ne pouvons pas rencontrer de tympans. La raison en est les difficultés financières des propriétaires, qui ne pouvaient pas se permettre ce qui accroissait le prestige de la maison familiale.

BATTAGE ET VANNAGE

Aλώνισμα στην Τήνο


Le visiteur de Tinos a la chance de voir et d’admirer une création de plus, réalisée avec art et sens pratique par les spécialistes de la pierre de Tinos : l’aire de battage. Elle était circulaire, de 4 à 5 m de diamètre, pavée de dalles et entourée par un petit muret de pierres de taille verticales de 50-60 cm de haut. Autour de l’aire de battage, il y a une couronne de pierres. En dehors de l’aire de battage, le fermier accumulait les bottes de blé. Au début de juillet, le battage commençait. A cet effet, le fermier utilisait deux vaches (parfois une vache et une mule ou un âne) qu’il mettait dans l’aire de battage, et après qu’il a jeté dans l’aire 8 à 10 bottes de paille de blé, il commençait à battre. Pour cela, il arpentait l’aire de battage en cercles, tout en suivant les bovins, et les incitait à courir pour que le blé puisse être battu et les grains séparés de celui-ci. Quand il jugeait que le grain était suffisamment piétiné et séparé, il jetait des nouvelles bottes (lancement), jusqu’à épuisement des bottes de blé. Quand le battage était fini, sous le soleil chaud d’été, le batteur recevait de l’eau fraîche, du pain et du fromage des membres de la famille qui marchaient avec lui sur la couronne de pierres. Le vannage suivait le battage, mais une petite brise devait souffler pour que le fermier vanne. Le test de la force et direction du vent était effectué en jetant un peu de paille dans les airs. Quand le fermier jugeait que c’était bon, la procédure de vannage, habituellement tôt le matin, commençait. Avec la fourche (sorte de trident de bois), il jetait de la paille en l’air et le vent la balayait de côté et en dehors de l’aire de battage où un amas de paille se formait, il était ensuite charrié vers la grange pour nourrir les animaux pendant l’hiver. Le blé récolté et les grains d’orge étant plus lourds tombaient dans le fond de l’aire, et par la suite tamisés pour une séparation plus fine. Puis au moyen de grands seaux en fer blanc carrés, qui servaient également d’unité de capacité, ils entassaient des sacs et c’est ainsi que la récolte était transférée dans la réserve, puis au moulin pour moudre.

 

 

ASSOCIATIONS CULTURELLES

L’amour de la population tiniote pour leur île de naissance, est unique, fait qui peut être prouvé par les quelques 50 associations culturelles existant aujourd’hui. Il n’y a aucun village ou district à Tinos qui n’a pas son association culturelle. Ceci débuta en 1876 quand la «Fraternité des Tiniotes habitant Athènes» y fut créée rue Alexandras et Asimaki Fotila. L’abandon de la vie rurale grecque pour une vie meilleure dans les villes eut pour résultat une dépopulation de la campagne durant les années 50. Cette tendance transféra de nombreux habitants de Tinos vers la capitale. Leur amour et la nostalgie de leur village, leur église, leur école, leurs maisons ancestrales les ont incités à créer des associations distinctes pour chaque village. La première association apparut dans le milieu des années 40, comme celles des villages de «Karia» et «Kardiani». Les causes qu’ils ont endossées sont réellement variées, et dans une large mesure, de nombreuses initiatives pour la préservation des coutumes leur sont dues. Ils se soucient aussi de la protection de l’architecture des villages des influences externes, quand le plan d’urbanisme est concerné. En plus de traiter des projets communs intéressants, leur contribution importante à la préservation des pigeonniers, chemins, ateliers de distillation du raki, moulins à vent, aires de battage et murs de pierres sèches, est à noter. L’organisation des événements culturels est à remarquer, avec l’invitation d’érudits très connus pour des conférences en éducation, ou pour des questions religieuses ou culturelles. Le visiteur de l’île a la chance, principalement en été, de choisir entre de nombreux événements auxquels assister et à la fin de ceux-ci apprécier l’hospitalité tiniote.


                       

 

PRESSE TINIOTE

En 1877, le premier journal de l’île parut sous le nom «Tinos» avec Monsieur Nik. Aggelidis comme éditeur, tandis que la «Voix de Tinos» suivit en 1881. Pendant ces 130 années, plus de 60 journaux ont été publiés, certains avec une échéance, et d’autres avec une publication temporaire. Leur contribution à promouvoir l’héritage culturel de l’île est important, et ils sont encore un lien entre la population tiniote, où qu’elle soit, et leur lieu de naissance. De plus, la presse tiniote bloqua la progression de plusieurs initiatives qui pouvaient avoir un impact négatif sur l’environnement, sans hésiter à agir contre de puissants intérêts. Jusque récemment, les journaux suivants et magazines sont en circulation : «  La lumière cycladique» (1950) «  Tinos Pharos » (1959) «  Isterniotika » (Nouvelles d’Ysternia) (1983) « Intérêts tiniotes »(1993) « La voix de Karia »(1998) «Nouvelles de Kardiani » (1999)« Mandata » (nouvelles récentes en argot) (2000) « L’Arrière-pays tiniote » (Magazine-2002) « Le Citoyen tiniote (Lettre d’information de l’arrondissement tiniote) « En Action» (Lettre d’information de l’arrondissement d’Exombourgo).